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samedi 1 mars 2008

jeudi 7 février 2008

Le rapport pochard en 10 points clés

LE RAPPORT POCHARD
Remise en question du métier d'enseignant
10 Points clés pour comprendre cette réforme


  • L'autonomisation :


  • Le rapport Pochard propose l'autonomisation des régions voire même des établissements scolaires. De ce fait ce rapport remet en question le cadre national d'enseignement en créant des disparitées au niveau des enseignements et permettant à la subjectivité des enseignants de supplanter le contenu des enseignements, ces derniers seraient donc potentiellement affectés par des valeurs idéologiques.

  • La mise en concurrence :


  • Après les universités, la mise en concurrence des établissements scolaires est à l'ordre du jour. Sous prétexte de motiver les enseignants le rapport pochard privilégie un système de concurrence accrue. De ce fait il y aura un classement des établissements avec de réels fossés empêchant des enseignants ayant commencé dans un établissement mal classé de pouvoir être affecté dans un de « meilleur niveau ».

  • Le fonctionnariat :


  • C'est une remise en question directe du statut de fonctionnaire dans l'éducation nationale. L'idée qu'être enseignant c'est pour la vie est donc révolue. Les fonctionnaires doivent être remplacés petit à petit par des postes de contractuels, soumis à évaluation et potentiellement victimes de licenciement. Ces contractuels seront recrutés pour des périodes aléatoires, la plupart du temps en contrat à durée déterminée.

  • Les salaires :


  • Malgré les préjugés les enseignants sont les fonctionnaires les moins bien rémunérés. En effet ils ne disposent pas des mêmes primes que les autres fonctionnaires. Selon l'idée de Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus » les enseignants devront assurer plus de cours, être en charge de plus d'élèves pour gagner plus. Cela peut nuire à la qualité des enseignements mais cela nuit aussi au recrutement car deux personnes travaillant 45 heures chacune valent mieux que trois qui travaillent 30 heures, de ce fait il y aura forcément moins de recrutement.

  • Les rôles des enseignants :


  • Le rapport pochard crée l'idée de multifonctionnalité des enseignants. Ces derniers devront parfois enseigner plusieurs matières, qu'ils soient ou non formés pour le faire. Afin de réduire les coûts en ressources humaines les enseignants auront plusieurs tâches supplémentaires à accomplir, ils remplaceraient les pions et pourraient même devoir assurer une fonction de « flicage ». L'enseignant doit certes faire attention aux enfants dont il s'occupe mais ce n'est pas son rôle d'assurer une fonction de policier. Couplée avec l'idée de fichage des enfants turbulents considérés comme « pré-délinquant » par Nicolas Sarkozy cette mesure est une grave atteinte aux droits de l'enfant.

  • Le rôle des chefs d'établissements :


  • En plus de leurs rôles actuels ils auraient un rôle de délateur. Ils seraient en charge de surveiller ses enseignants et de dénoncer auprès de l'inspecteur d'académie tout écart ou « comportement suspect ». Assurer un contrôle de la qualité d'enseignement est nécéssaire, c'est le rôle de l'inspecteur d'académie. Cette réforme laisse place à des délations mensongères basées sur des conflits personnels ou idéologiques.

  • La féminisation :


  • Il s'agit ici d'une politique de discrimination positive. Le constat est certes juste, la parité est loin d'être atteinte. Cependant cette politique n'est pas une solution. Embaucher une femme à cause de son sexe c'est renier ses compétences. Les hommes et les femmes devraient avoir une égalité assurée au niveau de l'emploi mais mettre le sexe comme facteur principal de recrutement est nuisible aux statuts des employées car celles-ci ne seraient pas considérées comme qualifiées par les autres employés mais comme ayant été recrutées grâce à leur sexe.

  • Le recrutement :


  • Le rapport vise à restructurer le recrutement. Le CAPES et l'Agrégation risquent fortement d'être supprimés au profit d'un recrutement au niveau Master suivit une petite formation et de plusieurs années de formations sur le terrain où les nouveaux arrivants seraient sous payés. De plus avec un dispositif de suppression des dispositifs de pré-retraite les jeunes seront moins recrutés au profit de séniors.

  • L'avenir de l'enseignement :


  • La structure d'enseignement est directement en danger. Le contenu des enseignements seront remis en cause du fait de la qualité de formation des enseignants. Un professeur formé en Histoire sera potentiellement professeur de Mathématiques ou de Sport. La multifonctionnalité de l'enseignant met donc directement les enseignements en danger. Le gage de qualité des enseignements ne sera plus assuré et les enseignants seront contraints à assurer des cours pour lesquels ils ne seront pas forcément formés

  • L'avenir de l'enseignant :


  • L'enseignant devra assurer de nombreux rôles. Il devra enseigner une ou même plusieurs matières pour lesquelles il ne sera pas formé. Il devra aussi assurer le rôle de surveillant qui risque de disparaître. Enfin il devra fliquer ses élèves et faire des rapports sur les élèves agités, ces rapports constitueront un fichage des enfants turbulents, qu'ils soient hyperactifs ou qu'ils aient des problèmes familiaux ou psychologique. Les enseignants participeront donc à une catégorisation des enfants agités comme des pré-délinquants.

    Refusons ce Rapport Pochard, véritable mode d'emploi pour l'élaboration d'une loi réformant l'éducation nationale. Cette politique met en danger nos structures d'enseignements. Mobilisons-nous pour ne pas laisser ce gouvernement détruire notre système d'enseignement au profit d'un système basé sur le piston, la rentabilité et la démagogie. Ce rapport ne vise pas à instaurer une meilleure pédagogie mais à introduire dans le système éducatif français une déresponsabilisation de l'état et une concurrence accrue des écoles.

    MOBILISONS-NOUS

    mardi 5 février 2008

    Le rapport pochard

    Bonjour à tous,

    Le rapport de la commission sur le métier d'enseignant a été rendu public hier. Après l'avoir largement parcouru (je n'ai pas encore eu le temps de lire les 271 pages mais vous pouvez télécharger ce "livre vert" ici) je vais tenter de mettre en évidence certains points :


    - Premièrement : la féminisation des postes d'enseignants. En effet pour atteindre la parité des femmes seront recrutées pour leur sexe et non pour leurs compétences. En effet les femmes doivent avoir les mêmes droits que les hommes mais cette discrimination positive n'est pas réellement positive pour elle car c'est leur nier toute qualité. Le sexisme est un des problèmes récurents de notre société mais au final cette politique n'est qu'une prolongation de ce problème. Ce n'est pas une réponse aux mentalités sexistes. En ce moment il y a un machisme qui fait que pour un recrutement si tu as un homme et une femme de même compétence, c'est l'homme qui est presque systématiquement pris. Obliger un recrutement de femme c'est inverser le processus mais ce processus reste injuste. Au final personne n'est équivalent. On ne devrait pas choisir au sexe, que la preference soit pour l'homme ou pour la femme. Les femmes au contraire sont plus motivés en général car elle savent que il y a cette barrière. Que ce soit femme ou homme il y a des gens compétents pour tout les métiers. La parité devrait être un fait, la discrimination par le sexe ne devrait pas être un critère de sélection. Les hommes et les femmes devraient avoir une égalité assurée au niveau de l'emploi mais mettre le sexe comme facteur principal de recrutement est nuisible aux statuts des employées car celles-ci ne seraient pas considérées comme qualifiées par les autres employés mais comme ayant été recrutées grâce à leur sexe.

    - Secondement le rapport institue une multifonctionnalité des enseignants. Afin de réduire les coûts les enseignants auront plusieurs tâches supplémentaires à accomplir, ils remplaceraient les pions et pourraient même être amener à fliquer leurs élèves. La politique d'ultrasécuritarisme qui est de rigueur dans notre société rentre ainsi à l'école. Avec ces nouvelles dispositions les enseignants auront un triple rôle, enseigner, s'occuper des locaux et des enfants et enfin jouer le rôle du flic. Accouplé avec la logique de fichage mise en place pendant les précédents gouvernements ce nouveau statut introduit une logique de caricature des enfants dits "turbulents". L'enseignant doit certes faire attention aux enfants dont il s'occupe mais ce n'est pas son rôle d'assurer une fonction de policier. Nicolas Sarkozy disait dans le Parisien : « Il faut agir plus tôt, détecter chez les plus jeunes les problèmes de violence. Dès la maternelle, dès le primaire, il faut mettre des équipes pour prendre en charge ces problèmes. — Dès la maternelle ? — Oui ! ». C'est cette politique de fichage qui est en train de s'instaurer. Vous pouvez aussi consulter à ce sujet le site de la ligue des droits de l'homme à toulon

    - Troisièmement il y a autonomisation des régions. De ce fait tout comme pour les universités les écoles seront soumises à la concurrence et les politiques éducatives seront variables selon les directives des collectivités territoriales. De plus les enseignants issus de telle ou telle école ne pourront pas être embauchés dans telle autre école car ils seront catalogués comme professeurs bas de gamme. Comme on peut le lire dans un article de Libération (consultable ici) "Pour Nicolas Sarkozy, la cause est entendue : il suffit de supprimer la carte scolaire et de la remplacer «par rien». Le simple jeu de la concurrence entre écoles et collèges permettra alors d'augmenter la qualité de tous les établissements, chacun pouvant librement développer son projet pédagogique et trouver sa niche sur le marché éducatif." La mise en concurrence des écoles est au centre de ce débat, dans le Monde (Consultable ici) on peut lire "Dans un premier temps, le ministre de l'éducation, Xavier Darcos, avait seulement affiché sa volonté de renforcer l'évaluation des résultats des élèves en primaire. En modifiant, dès la prochaine année scolaire, les deux "évaluations nationales" : des tests, que passent tous les élèves de CE1 et de CM2, qui servent de points de repère aux enseignants et à l'administration et nourrissent les statistiques de l'éducation nationale. En précisant, le 11 décembre, que ces résultats "seront rendus publics école par école dès la rentrée 2009", le ministre a pris le risque de réveiller l'hypersensibilité des enseignants sur ce thème."

    - Quatrièmement, ce rapport vise à libéraliser l'enseignement. En effet le statut de fonctionnaire est directement visé. Les enseignants titulaires seraient remplacés petit à petit par des enseignants contractuels. De ce fait ils pourront être licenciés. Comme on peut le lire dans un article de Libération (Consultable ici) "Au-delà de l’érosion de leur pouvoir d’achat, beaucoup ont acquis la conviction que le service public de l’éducation est aujourd’hui menacé. Avec 11 200 postes supprimés à la rentrée 2008, il est en première ligne. En ce moment, chaque établissement reçoit son nombre de postes pour l’an prochain, découvrant les coupes. La multiplication attendue des vacataires et des contractuels, ajoutée à l’appel pressant à faire des heures supplémentaires, contribue à l’impression d’une profession de moins en moins reconnue."

    Le rapport est assez long et modifie complètement le statut d'enseignant et l'idée même d'enseignement. Il est long mais des resumés seront probablement disponibles d'ici quelques semaines. En attendant vous pourrez le consulter ici

    Après avoir commencer de réformer les universités le gouvernement continue avec les lycées, les collèges et les primaires. Quelle sera la prochaine cible de la mise en concurrence ? Les maternelles et les crèches peut-être ?