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mardi 5 février 2008

Le rapport pochard

Bonjour à tous,

Le rapport de la commission sur le métier d'enseignant a été rendu public hier. Après l'avoir largement parcouru (je n'ai pas encore eu le temps de lire les 271 pages mais vous pouvez télécharger ce "livre vert" ici) je vais tenter de mettre en évidence certains points :


- Premièrement : la féminisation des postes d'enseignants. En effet pour atteindre la parité des femmes seront recrutées pour leur sexe et non pour leurs compétences. En effet les femmes doivent avoir les mêmes droits que les hommes mais cette discrimination positive n'est pas réellement positive pour elle car c'est leur nier toute qualité. Le sexisme est un des problèmes récurents de notre société mais au final cette politique n'est qu'une prolongation de ce problème. Ce n'est pas une réponse aux mentalités sexistes. En ce moment il y a un machisme qui fait que pour un recrutement si tu as un homme et une femme de même compétence, c'est l'homme qui est presque systématiquement pris. Obliger un recrutement de femme c'est inverser le processus mais ce processus reste injuste. Au final personne n'est équivalent. On ne devrait pas choisir au sexe, que la preference soit pour l'homme ou pour la femme. Les femmes au contraire sont plus motivés en général car elle savent que il y a cette barrière. Que ce soit femme ou homme il y a des gens compétents pour tout les métiers. La parité devrait être un fait, la discrimination par le sexe ne devrait pas être un critère de sélection. Les hommes et les femmes devraient avoir une égalité assurée au niveau de l'emploi mais mettre le sexe comme facteur principal de recrutement est nuisible aux statuts des employées car celles-ci ne seraient pas considérées comme qualifiées par les autres employés mais comme ayant été recrutées grâce à leur sexe.

- Secondement le rapport institue une multifonctionnalité des enseignants. Afin de réduire les coûts les enseignants auront plusieurs tâches supplémentaires à accomplir, ils remplaceraient les pions et pourraient même être amener à fliquer leurs élèves. La politique d'ultrasécuritarisme qui est de rigueur dans notre société rentre ainsi à l'école. Avec ces nouvelles dispositions les enseignants auront un triple rôle, enseigner, s'occuper des locaux et des enfants et enfin jouer le rôle du flic. Accouplé avec la logique de fichage mise en place pendant les précédents gouvernements ce nouveau statut introduit une logique de caricature des enfants dits "turbulents". L'enseignant doit certes faire attention aux enfants dont il s'occupe mais ce n'est pas son rôle d'assurer une fonction de policier. Nicolas Sarkozy disait dans le Parisien : « Il faut agir plus tôt, détecter chez les plus jeunes les problèmes de violence. Dès la maternelle, dès le primaire, il faut mettre des équipes pour prendre en charge ces problèmes. — Dès la maternelle ? — Oui ! ». C'est cette politique de fichage qui est en train de s'instaurer. Vous pouvez aussi consulter à ce sujet le site de la ligue des droits de l'homme à toulon

- Troisièmement il y a autonomisation des régions. De ce fait tout comme pour les universités les écoles seront soumises à la concurrence et les politiques éducatives seront variables selon les directives des collectivités territoriales. De plus les enseignants issus de telle ou telle école ne pourront pas être embauchés dans telle autre école car ils seront catalogués comme professeurs bas de gamme. Comme on peut le lire dans un article de Libération (consultable ici) "Pour Nicolas Sarkozy, la cause est entendue : il suffit de supprimer la carte scolaire et de la remplacer «par rien». Le simple jeu de la concurrence entre écoles et collèges permettra alors d'augmenter la qualité de tous les établissements, chacun pouvant librement développer son projet pédagogique et trouver sa niche sur le marché éducatif." La mise en concurrence des écoles est au centre de ce débat, dans le Monde (Consultable ici) on peut lire "Dans un premier temps, le ministre de l'éducation, Xavier Darcos, avait seulement affiché sa volonté de renforcer l'évaluation des résultats des élèves en primaire. En modifiant, dès la prochaine année scolaire, les deux "évaluations nationales" : des tests, que passent tous les élèves de CE1 et de CM2, qui servent de points de repère aux enseignants et à l'administration et nourrissent les statistiques de l'éducation nationale. En précisant, le 11 décembre, que ces résultats "seront rendus publics école par école dès la rentrée 2009", le ministre a pris le risque de réveiller l'hypersensibilité des enseignants sur ce thème."

- Quatrièmement, ce rapport vise à libéraliser l'enseignement. En effet le statut de fonctionnaire est directement visé. Les enseignants titulaires seraient remplacés petit à petit par des enseignants contractuels. De ce fait ils pourront être licenciés. Comme on peut le lire dans un article de Libération (Consultable ici) "Au-delà de l’érosion de leur pouvoir d’achat, beaucoup ont acquis la conviction que le service public de l’éducation est aujourd’hui menacé. Avec 11 200 postes supprimés à la rentrée 2008, il est en première ligne. En ce moment, chaque établissement reçoit son nombre de postes pour l’an prochain, découvrant les coupes. La multiplication attendue des vacataires et des contractuels, ajoutée à l’appel pressant à faire des heures supplémentaires, contribue à l’impression d’une profession de moins en moins reconnue."

Le rapport est assez long et modifie complètement le statut d'enseignant et l'idée même d'enseignement. Il est long mais des resumés seront probablement disponibles d'ici quelques semaines. En attendant vous pourrez le consulter ici

Après avoir commencer de réformer les universités le gouvernement continue avec les lycées, les collèges et les primaires. Quelle sera la prochaine cible de la mise en concurrence ? Les maternelles et les crèches peut-être ?

6 commentaires:

Anonyme a dit…

dire que les femmes seront recrutées pour leur sexe et non pour leurs compétences, c'est aussi dire que si il y a plus d'homme dans ce métier actuellement, c'est qu'ils sont "PLUS" intelligents? doués?motivés? (quoi d'autre?) que les femmes pour y parvenir. Autrement dit, qu'actuellement, elles ne seraient pas assez compétentes pour intégrer ce métier?
Ton idée est un peu trop vite fondée. Autant d'agressivité, C'est dommage.

Mtp3 a dit…

Non je me suis mal exprimé...
En ce moment il y a un machisme qui fait que pour un recrutement si tu as un homme et une femme de même compétence, c'est l'homme qui est presque systématiquement pris.
Obliger un recrutement de femme c'est inverser le processus mais ce processus reste injuste. Au final personne n'est équivalent. On ne devrait pas choisir au sexe, que la preference soit pour l'homme ou pour la femme. Les femmes au contraire sont plus motivés en général car elle savent que il y a cette barrière. Que ce soit femme ou homme il y a des gens compétents pour tout les métiers. La parité devrait être un fait, la discrimination par le sexe ne devrait pas être un critère de sélection.
J'espère que je me suis fait mieux comprendre, il n'y avait rien de sexiste dans mes propos...

opinion way a dit…

et alors?c'est ça l'éducation version 21 ième siècle. Y a un problème? si oui eh ben arrêter de faire des enfants et puis c'est tout

opinion way of life is life a dit…

anonyme de 17H02 : cette proposition est dans la logique de la politique de discrimination positive appliquée par la nouvelle droite sarkozyste. Celle-ci s'inspire tout droit des usa, où la "affirmative action" devient une institution.
Nous nous battons pour que le mérite inhérent aux concours d'Etat reste en place ( même si, évidemment, les privilégiés seront toujours en position dominante dans les concours, en ne travaillant pas à côté de la préparation par exemple ).

Le gouvernement s'acharne à vouloir casser ce système. Les raisons peuvent être multiples. Il y a tout d'abord une volonté flagrante de divisions du précariat : privilégier l'accés à des postes de certaines catégories raciales, sexuelles afin de détourner les hostilités populaires. Celles-ci seront selon le souhait des dirigeants dirigées envers ces personnes nouvellement favorisées, et génèreront un racisme et sexisme latent, qui fera le bonheur du gouvernement, contemplant du haut de son appartement de fonction à prix réduit ces divisions populaires.

Ainsi, les problématiques sociales et sociétales seront repoussées.

Voila très grossièrement en quoi consiste la discrimination positive, donc j'espère que tu comprends la dangerosité de ces mesures.

Anonyme a dit…

les USA c'est pas ce merveilleux pays où on enseigne à environ 40% des enfants le créationnisme à la place de Darwin, avec pour seule reference culturel la Bible quelque soit le domaine, où le programme scolaire est voté comté par comté donc les enfants non pas les mêmes bases de connaissances communes... Waouh quelle merveilleuse perspective. Nouvelle idée de manif: une grève de la natalité jusqu'à ce qu'on nous donne les moyen d'éléver correctement nos gosses. Et doit faire des économies pour payer fort bien vu ce qu'il fout je suis sur que Sarko n'a pas besoin d'un salaire si eleve ses chers ministres non plus d'ailleurs puisqu'il faut se serrer la ceinture qu'il montre l'exemple.

Le flou stoique a dit…

Le plus grave dans ce rapport est la suppression du statut de fonctionnaire : les professeurs seront désormais recrutés par contrat à durée déterminée de 9 mois c'est à dire sans congés payés et donc de façon précaire, leur contrat n'étant pas reconduit de facon automatique. D'autre part le CAPES disparaitra l'année prochaine pour devenir un Master comme les autres formations universitaires. Le but étant d'avoir des étudiants qui ne seront pas une charge que l'Etat sera obligé de garder après avoir passé leur diplome, comme c'est le cas avec le CAPES. Bien sur, il reste quand meme plus important d'avoir ses diplomes que de se battre contre ca, meme si ils vaudront plus rien...